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Mégots en vue : un enjeu bien réel pour nos milieux côtiers

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On les retrouve au sol, coincés dans les fissures du trottoir, sur les plages, près des entrées d’immeubles ou aux abords des stationnements. Discrets, presque banals, les mégots de cigarette font pourtant partie des déchets les plus répandus au monde… et des plus polluants.

Sans être toujours perçus comme tels, ils représentent un enjeu environnemental bien réel, notamment dans les régions côtières comme la Côte-Nord, où tout ce qui se retrouve au sol peut rapidement finir dans le fleuve ou la mer.

Un déchet plus problématique qu’il n’y paraît

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le filtre d’une cigarette n’est pas biodégradable. Il est composé d’acétate de cellulose, une forme de plastique qui peut mettre jusqu’à 15 ans à se dégrader, en se fragmentant en microplastiques.

Mais le vrai problème ne s’arrête pas là.

Un mégot contient les résidus de plus de 4 000 substances chimiques, dont plusieurs sont toxiques : nicotine, métaux lourds, goudrons, arsenic, plomb… Lorsqu’il est jeté au sol, ces substances peuvent se libérer au contact de l’eau.

                                                                           💧 Fun fact  : un seul mégot peut contaminer jusqu’à 500 litres d’eau. 💧

Sur la Côte-Nord, où les réseaux pluviaux, les fossés et les zones portuaires sont directement reliés aux milieux aquatiques, ce type de pollution diffuse est particulièrement préoccupant. Les mégots peuvent ainsi affecter la qualité de l’eau et nuire à la faune, notamment aux poissons et aux invertébrés aquatiques.

Pourquoi les mégots finissent (presque toujours) dans la nature

Le mégot est un déchet paradoxal :

  • petit,
  • facile à jeter discrètement,
  • rarement associé à une « vraie » pollution.

Résultat : il est encore trop souvent jeté par terre, même par des personnes sensibles aux enjeux environnementaux. À l’échelle collective, ce geste anodin devient un problème massif.

Au Québec, on estime que des milliards de mégots se retrouvent chaque année dans l’environnement. Dans les zones urbaines, ils représentent une part importante des déchets retrouvés lors des corvées de nettoyage.

Et si on élargissait ça à la taille du globe : 99 000 tonnes de mégots jetés chaques années. Soit l’équivalent d’environ :

  • ≈ 660 baleines bleues 🐋
  • ≈ 220 000 orignaux 🦌
  • ≈ 43 000 camions Ford F‑150 🚛
  • ≈ 870 000 Hommes de 250 lb 👨‍🦱
  • ≈ 412 camions de mine (Caterpillar 793 / Komatsu 930E)🏗️

Heureusement, un peu partout au Québec et au Canada , des initiatives voient le jour pour réduire la pollution liée aux mégots et les revaloriser.

Programme Mégot Zéro — Montréal

Mégot Zéro installe des cendriers urbains et des contenants partout en ville, organise des collectes et sensibilise le public.
Tous les mégots ramassés sont ensuite envoyés vers un centre de recyclage pour être transformés (le plastique recyclé, les résidus retraités), plutôt que d’être simplement enfouis ou incinérés.
🎯 Déjà plusieurs milliers de mégots ont été collectés depuis le début du programme, et le réseau de cendriers continue de s’étendre.

UNSMOKE Butt Blitz — mobilisation communautaire partout au Canada

Bien que ce soit une initiative nationale, le Butt Blitz organise régulièrement des événements dans plusieurs villes, y compris au Québec, pour aller sur le terrain nettoyer les mégots.
🎯 L’objectif: mobiliser des bénévoles pour collecter un million de mégots à chaque campagne (printemps et automne).
Les mégots ramassés sont ensuite envoyés à TerraCycle pour être recyclés.

Réseau de recyclage UNSMOKE Cigarette Recycling Program

Un autre volet en lien avec TerraCycle et Unsmoke Canada, où des points de dépôt pour mégots sont ouverts à travers le pays (près de 7 000 emplacements publics à ce jour).
🎯Le programme permet à des citoyens ou des organisations d’envoyer leurs mégots collectés pour qu’ils soient recyclés en pellets plastiques réutilisables.
Même si ce réseau n’est pas encore aussi dense au Québec qu’en Ontario, il offre une option gratuite pour réduire les déchets de mégots de façon responsable.

Projet étudiant (Cégep du Vieux Montréal) — mycélium et mégots

Des étudiants ont exploré l’utilisation du mycélium (un champignon) pour dégrader les mégots et produire des biomatériaux après traitement.
🎯 Ce type de projet combine sensibilisation locale et recherche, en mettant en lumière des technologies potentielles pour réduire l’impact des mégots directement à la source.

Agir ici, à l’échelle de la Côte-Nord

Sur la Côte-Nord, le fleuve et les milieux naturels font partie du quotidien. On y pêche, on s’y promène, on y travaille, et pour plusieurs, ce lien avec le territoire passe aussi par l’alimentation. Pourtant, un déchet aussi banal qu’un mégot de cigarette peut, sans qu’on s’en rende compte, suivre un parcours bien plus long qu’on ne l’imagine.

Lorsqu’un mégot est jeté au sol, il peut rapidement être transporté par la pluie vers les fossés, les réseaux pluviaux ou directement vers le fleuve Saint-Laurent. Et, en se fragmentant, il libère des microplastiques et des substances chimiques qui se dispersent dans l’eau. Ces particules peuvent ensuite être ingérées par de petits organismes aquatiques – plancton, invertébrés ou petits poissons – qui se trouvent à la base de la chaîne alimentaire. À mesure que les espèces se nourrissent les unes des autres, certains contaminants peuvent remonter progressivement jusqu’aux poissons que l’on pêche et consomme.

Sur notre belle Côte-Nord, où la relation avec le fleuve est directe et vivante, cette réalité prend un sens particulier. La question n’est plus seulement celle de la propreté des plages ou des rues, mais aussi celle du lien entre nos gestes quotidiens et ce qui finit, ultimement, dans notre environnement… et parfois dans notre assiette.

Heureusement il existe des actions simples:

  • mieux gérer les mégots,
  • adapter les infrastructures,
  • sensibiliser sans juger,

Parce qu’en matière de pollution, ce sont souvent les plus petits déchets qui causent les plus grands dégâts.